WAJD à Paris et à Tunis «Wajd nous entraîne de la douce rêverie à la douloureuse déchirure, par la seule grâce d’un piano et d’une voix; les harmonies instrumentales rappellent la formation classique de Ghaïss, tandis que la voix de Naziha souligne, par ses vibratos, le souffle oriental qui émane de la musique. Les poèmes forment une passerelle toute naturelle entre les deux univers, où l’exil, l’aspiration à la transcendance, la nostalgie et la mélancolie prennent un éclat particulier, dont les reflets se répandent jusqu’aux tréfonds de l’âme. Pour les connaisseurs de la tradition spirituelle musulmane, le mot wajd renvoie à l'état d'extase mystique atteint lors du samâ, audition de la parole de Dieu et du chant soufi. C’est ainsi que, sur une proposition de Khaled, les trois compagnons choisissent de nommer leur ensemble, en retenant de ce terme une de ces multiples acceptions: "incapacité de l’âme à soutenir les effusions du désir quand s’éveille le souvenir du bien-aimé”. » D’après «maqâm sans frontières», octobre à décembre 2005, publication de l’Institut du Monde Arabe à Paris. «Suis-je moi-même dans un état de wajd ou simplement en présence du trio wajd? Certes, entre les deux! Le souffle coupé, je me trouve à nourrir des visions qui m’entraînent dans les étendues que dessinent la voix, le verbe et la musique. Un état d’éblouissement me transporte du foyer chaleureux de notre patrimoine aux incommensurables ailleurs des soufis pour me déposer aux pieds et sous la protection d’Ibn Arabi et Rabi’a» Traduit de l’arabe, Nagib Khechnawi, Journal Ach-cha’b, Tunis, 22 octobre, 2005
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